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L’archéologie dans l’Arctique

"Faire de l’archéologie, c’est chercher des choses anciennes que les peuples anciens utilisaient. C’est vouloir trouver des réponses aux questions portant sur la façon dont ces peuples ont pu survivre, vivre et chasser, employer les outils qu’ils avaient et même sur les langues qu’ils parlaient. L’archéologie, ça sert à aider les gens à comprendre les choses anciennes et la façon dont elles étaient utilisées."
Peter Totalik, Taloyoak

L’archéologie dans l’Arctique est très différente de celle qu’on pratique dans d’autres parties du monde. Comme le peuple qu’ils étudient, les archéologues doivent s’adapter à l’environnement nordique. La bonne saison dans des endroits éloignés est courte, ce qui rend le travail de terrain intensif. La population de l’Arctique a toujours été peu abondante, en comparaison avec la grandeur du territoire, et le nombre de sites et d’artéfacts à étudier est assez limité.

Toutefois, il y a des avantages à faire des fouilles archéologiques dans l’Arctique. Grâce au climat froid et sec, les sites anciens sont très bien conservés. Dans d’autres régions du monde, il arrive souvent que les plantes envahissent les sites potentiels de recherches. Les artéfacts organiques (objets faits à partir de plantes et d’animaux) pourrissent et disparaissent. Pas dans l’Arctique. L’absence de végétation rend les anciens campements et caches faciles à voir et le froid conserve très bien les matériaux organiques.
Les fouilles dans la région de Netsilik ont permis de trouver des traces de nombreux camps, villages et caches de viande.

Les contes et l’archéologie?

Comment pouvons-nous en savoir plus sur les cultures anciennes comme celles de la région de Netsilik?
L’une des façons est d’étudier les contes et les traditions orales. La science de l’archéologie en est une autre.
Les archéologues étudient et fouillent les sites anciens qui ont déjà été habités et ils examinent les traces physiques. Les cercles de tentes, les dépressions indiquant la présence de maisons, les caches et les sites funéraires sont des exemples des techniques léguées par des peuples comme les Thulés et les Netsilingmiuts. Ce sont les seuls indices pour comprendre les connaissances et les habiletés de ces peuples anciens. On peut aussi en apprendre plus en écoutant les récits enregistrés par des anthropologues et archéologues. À partir de ces récits, nous pouvons faire des déductions concernant le style de vie et la vision du monde de ces habitants d’une époque lointaine.

Visiteurs précédents

On peut également étudier les histoires et l’information recueillies lors de visites précédentes dans la région. Knud Rasmussen a voyagé avec un petit groupe de collègues dans l’Arctique en recueillant des données archéologiques et des récits oraux. Il s’est rendu dans la région de Netsilik au cours de la cinquième expédition thulé dans les années 1920. Il a recueilli des histoires et publié cette carte de la région en 1931.
Parmi les fouilles précédentes, notons celle du Polargas Archaeology Project, de Dan Gardener, en 1977, et celle de Savelle, réalisée en 1982.

Que savons-nous de la région de la rivière Netsilik?

Selon l’histoire orale, l’histoire des Netsilingmiuts commence avec leur arrivée dans ce pays, déjà occupé par les Tunrits, une tribu différente qui parlait un dialecte compréhensible pour les Inuits.

Les Tunrits vivaient dans ce pays depuis quelque temps, puisqu’ils avaient déjà bâti diverses constructions en pierre qui servaient à chasser le caribou et à piéger l’omble. Les premiers Thulés construisaient des maisons semi-souterraines qu’ils habitaient en hiver. Ils plaçaient leurs morts dans des constructions en pierre. Les Netsilingmiuts exposaient les défunts aux éléments et parfois disposaient des pierres tout autour du corps.

Lutte entre les Thulés et les Netsilingmiuts

II y avait aussi des différences économiques entre les tribus : les Tunrits chassaient plus les mammifères marins que les Netsilingmiuts, qui se concentraient sur le caribou et le poisson le long de la riviére. Méme si les Netsilingmiuts et les Tunrits ont vécu ensemble quelque temps, la violence a fini par éclater et les Tunrits sont partis.

Fouilles archéologiques de la région de Netsilik Fouilles archéologiques de la région de Netsilik

 

 

 

La collectivité de Taloyoak s’est adressée à la Fiducie du patrimoine inuit (FPI), parce que de nombreux sites de la région de Netsilik étaient pillés et perturbés.
La collectivité a été ravie d’apprendre que des fouilles archéologiques allaient être organisées, pas seulement pour explorer les sites de la région, mais aussi pour comparer et évaluer cette information en regard des récits oraux recueillis.
Cette étude a été menée en août 2004 par l’archéologue Ken Swayze, et a bénéficié de l’aide d’une représentante de la FPI.

Les fouilles

Dans le cadre de cette opération, des stages de pratique sur le terrain ont été mis en place pour des élèves de la collectivité de Taloyoak. Les élèves participants, Sandy Oleekatalik, Nancy Paniloo, Peter Totalik et Kaylie Oleekatalik sont restés neuf jours sur place en compagnie de Ken et Ericka.
Ils ont étudié 15 des 29 sites archéologiques recensés précédemment dans la région de la rivière Netsilik. Pendant le projet, 23 autres sites ont été étudiés et ajoutés au registre. On n’a procédé à aucun sondage pilote, ni recueilli d’artéfacts; les nouveaux sites ont été identifiés et enregistrés. Voici certains des sites étudiés. Continue pour explorer le résultat des fouilles et les histoires que les aînés avaient à conter.

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